• Comment peut-on encore défendre les prisons..?

     Plusieurs prisonnières du quartier femme de la maison d’arrêt de Seysses
     (à proximité de Toulouse) ont adressé des courriers aux émissions de radio
     anticarcérales de Toulouse [1] pour dénoncer le « climat exécrable » qui yz
     règne, les brimades des matons et le silence de la direction. Certaines
     d’entre elles ont été jusqu’à la tentative de suicide pour se faire
     entendre de la direction, certaines sont en grève de la faim au mitard, en
     vain.
    
     Une manifestation est donc prévue ce samedi 8 juin à 11h30 devant cette
     prison. Venez manifester votre solidarité !
    
     Vous pouvez aussi écrire à la direction de la prison :
    
     Maison d’arrêt de Seysses
     à l’attention de la directrice,
     rue Danièle Casanova
     BP 85
     31 603 Muret Cedex
     Tel : 05 61 56 68 68
    
     … ainsi qu’au directeur interrégional des services pénitentiaires :
    
     Direction interrégionale des services pénitentiaires,
     à l’attention du directeur M.Georges Vin,
     Cité administrative Bât G
     2, boulevard Armand-Duportal
     BP 81501, 31015 Toulouse Cedex 6
     Tel : 05 62 30 58 09
    
     … pour appuyer ces prisonnières et bien signifier à l’administration
     pénitentiaire qu’elle ne peut pas agir en toute impunité. L’AP et ses
     agents doivent se savoir regardés. N’hésitez pas à écrire et/où à
     témoigner votre solidarité de quelque manière que ce soit.
    
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     Voici les deux lettres écrites par des prisonnières :
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     « Seysses, le 10 mai 2013,
     Incarcérée à la prison de Seysses, quartier femmes, je souhaiterais
     alerter l’opinion publique sur les conditions de détention qui nous sont
     infligées. Des exemples concrets de propos diffamatoires, méprisants,
     condescendants tenus par les surveillantes sont légion. Nous avons alors
     tenté de prévenir la direction mais il semble que nos courriers n’arrivent
     jamais dans le bureau, nos lettres étant interceptées par les
     surveillantes. A bout de nerfs, épuisées par ces conditions de détention
     rythmées par la répression, les brimades et les pressions, nous avons
     entrepris aujourd’hui une action afin de tenter de faire bouger les
     choses. En effet, depuis 10 jours, il y a eu 5 tentatives de suicide au
     quartier femmes et aujourd’hui, alors que nous avons voulu avoir un
     entretien avec la directrice, celui-ci nous a été refusé. Après maintes
     menaces de la part du personnel pénitentiaire, trois d’entre nous,
     poussées dans leur dernier retranchement ont avalé des cachets, moi-même
     je me suis auto-mutilée. Ces gestes de désespoir ne traduisent que le
     climat exécrable qui règne ici. Par ce courrier, nous souhaiterions
     dénoncer le harcèlement et les pressions psychologiques que nous subissons
     de façon répétée. Pourriez-vous S.V.P. lire notre courrier à l’antenne
     d’une part et alerter les médias pour nous. Nous craignons que l’une
     d’entre nous ne se fasse plus de mal que de raison. Nous vous en
     remercions.
     Détenues de Seysses, Quartier femmes. »
    
     « MAF de Seysses, le jeudi 30 mai 2013,
    
     Madame, Monsieur de la radio
    
     Je viens à vous pour dénoncer les maltraitances que l’on subit à la MAF de
     Seysses, que ce soit en tant que spectatrice qu’en tant que persécutée.
     Tout d’abord, il y a 4-5 jours, une détenue basque espagnole que les
     surveillantes provoquent très souvent verbalement ! Donc notre collègue
     détenue Iti a demandé gentiment aux surveillantes de ne pas la tutoyer,
     que le respect doit être dans les deux sens, enfin voila le ton est monté
     et 1Iti a été passée à tabac, coups de pieds dans le ventre, etc. De là il
     l’ont jetée comme un chien au mitard (cellule disciplinaire). Il y fait
     très froid dans cette cellule, elle a réclamé une couverture et ils ne lui
     ont pas donné. Aussi, le lendemain Iti a été vue par le médecin à qui elle
     a fait part qu’elle était indisposée et qu’elle n’a rien, ni serviette ni
     papier toilette. Le médecin lui a donné de l’essuie-tout, ne serait-ce que
     pour l’hygiène, et en la remontant au mitard les surveillantes lui ont
     confisqué l’essuie tout. Iti a fait part de son mécontentement et, hélas,
     les surveillantes l’ont repassée à tabac. Résultat ils lui ont mis 25
     jours de mitard dans des conditions inhumaines, sans hygiène, elle a
     froid, et pour faire valoir ses droits la pauvre Iti fait la grève de la
     faim avec une amie qui elle aussi fait une grève de la faim.
     Et pour les détenues qui ont tout entendu ou qui ne sont tout simplement
     pas d’accord avec leur façon tortionnaire, les détenues qui font un refus
     de plateau (de prendre le manger aux heures de repas), les surveillantes
     nous font comprendre qu’on a pas intérêt, elle nous dissuadent en nous
     faisant comprendre qu’il vaut mieux pas s’en mêler.
     Madame, monsieur de la radio il faut faire quelque chose et vous aussi
     chers auditeurs, auditrices, aidez-nous à ce que les choses changent. Les
     surveillantes se comportent pire que les détenues, elles nous mettent la
     pression, l’humiliation, elles jouent avec nous.
     Par exemple, hier, une maman était venue voir sa fille, et parce que cette
     vieille dame sonnait au portique à cause de son soutien-gorge - cette dame
     à même proposé d’enlever son soutien-gorge - malgré ça ils lui ont fait
     faire demi-tour et rentrer chez elle. Cette dame n’a pas de voiture, elle
     prend le bus, et la prison est à plus d’1h30 de la ville.
     Il y a aussi une jeune yougoslave qui a fait une fausse couche et qui n’a
     pas eu les soins adéquats, il y a aussi une détenue qui a été fouillée
     abusivement, elle l’a ressenti comme un viol et cela trois fois dans une
     pièce différente en interrompant son parloir. Je peux citer beaucoup
     d’autres abus. Nous sommes des détenues, pas animaux !
     Il faut sincèrement que l’on nous aide. Nous, on ne peut rien faire du
     fond de notre cellule. Voilà pourquoi je vous demande de nous aider pour
     que nos conditions de détentions soient justes. Merci de m’avoir écouté,
     j’espère que ma lettre va pouvoir nous aider grâce à vous. Merci. »
    
     [1] Les collectifs L’Envolée, Bruits de tôle et YO-YO, animent une
     émission de messages en direct les 1er et 3eme jeudis du mois de 19h à
     20h. Et une émission sur la prison tous les jeudis de 19h à 20h sur Radio
     Canal sud (92,2 FM) et sur internet www.canalsud.net. (prisons couvertes
     MA de Seysses, CD de Muret, MA de Montauban) Vous pouvez passer des
     messages au 0561533695. Vous pouvez écrire à ces collectifs à l’adresse de
     la radio : 40 rue Alfred-Duméril, 31400 Toulouse.
    

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